Château Arton, l’armagnac n’est pas un brandy

Le Château Arton, qui a reçu en 2017 le prix d’Excellence au Concours Général Agricole de Paris pour son armagnac dans la catégorie de toutes les eaux-de-vie françaises, est très attaché à nous rappeler que Non ! L’armagnac n’est pas un brandy ou un cognac. C’est la première fois que ce prix est attribué à un armagnac. On comprend pourquoi les propriétaires du domaine, Jean et Lili de Montal, sont attachés au fait de souligner cette différence entre armagnac et brandy

Mais d’abord, c’est quoi un brandy ?

Brandy” comme son étymologie Brandewijn l’indique, veut dire “vin brûlé”. C’est une eau de vie de vin (produit de la distillation d’un vin) qui aura vieilli en fût de chêne. Si l’origine du vin n’est pas mentionnée, c’est tout simplement un Brandy, et peut être produit partout dans le monde, il n’y a pas d’obligation d’origine contrôlée.

Le cognac est une eau-de-vie de vin blanc qui suite à une double distillation en alambic charentais (ou cognaçais) est vieillie en fût de chêne français au minimum deux ans. 

Et un armagnac, c’est quoi ? L’armagnac est aussi une eau-de-vie de vin blanc qui suite à une distillation simple en alambic armagnacais (alambic à colonnes) est vieillie en fût de chêne français au minimum un an. 

Leur point commun: le cognac et l’armagnac sont tous deux issus de la distillation de vin blanc, puis vieillis en fût de chêne. 

Leur principale différence: dans l’alambic cognaçais, il s’agit d’une double distillation: deux ébullitions après lesquelles les vapeurs d’alcool s’échappent par un tuyau, il n’y pas de contact avec le vin. Dans l’alambic armagnacais, il n’y a qu’une seule distillation continue: après ébullition, les vapeurs d’alcool s’élèvent et traversent le vin frais. Ainsi, l’armagnac se charge des arômes du vin de l’année, d’où la pertinence de millésimer l’armagnac.

Depuis 1986, le Château Arton s’est donné pour ambition d’élaborer les expressions les plus pures et les plus exceptionnelles de l’Armagnac. Tout, de la vigne au vin, du vin à l’Armagnac, doit être réalisé sur le domaine et de manière à révéler le Haut Armagnac, le terroir le plus confidentiel en Armagnac. Expert en millésimes et en pièces uniques, Château Arton est aussi le berceau de la première blanche d’Armagnac, créée en 1986.

Qu’est-ce qui fait la singularité d’un armagnac par rapport à un cognac ? 

Le terroir

Avant toute chose, l’armagnac et le cognac ne sont pas issus de la même région. L’appellation Armagnac (Bas Armagnac, Ténarèze et Haut Armagnac) se situe dans le Sud-Ouest de la France : dans le Gers, les Landes et le sud du Lot-et-Garonne.

Tandis que l’appellation cognac est située dans la Charente et la Charente-Maritime principalement.

Comme pour le vin, le terroir a une grande influence sur les arômes de l’armagnac. La qualité de la vigne est essentielle à la qualité de ce spiritueux, qui dépend en grande partie de la qualité des vins distillés pour le produire.

Le terroir Haut Armagnac ne représente que 5% de la production totale d’armagnac car les vignes n’ont pas survécu au phylloxera. Patrick de Montal fut l’un des premiers à y replanter la vigne en 1991. 

Le vin

Le cognac est une eau-de-vie de vin blanc réalisée majoritairement avec du vin de cépage Ugni blanc. Il donne des vins secs, à la robe jaune pâle. Il est très plébiscité dans l’élaboration du cognac et de l’armagnac car il se conserve bien l’hiver et offre donc une meilleure concentration d’arômes pour la distillation.

La région Armagnac cultive de l’Ugni blanc mais également d’autres types de cépages. Dix sont régis par le décret de l’AOC Armagnac dont les principaux sont l’Ugni blanc (55%), le Baco (30%), Colombard (5%) et Folle Blanche (5%). Les cépages sont davantage diversifiés en Armagnac car leurs arômes survivent à la distillation et déterminent le goût de l’armagnac. Contrairement à la région Cognac, l’Armagnac produit aussi du vin pour la dégustation. Château Arton est d’ailleurs tout aussi connu pour sa gamme de vin de gascogne, d’où son expression « de la vigne au vin, du vin à l’armagnac ».

« L’armagnac semble relever de la culture du brandy. Moi je pense qu’il participe de la culture du vin. » Patrick de Montal

Les méthodes d’élaboration

L’alambic utilisé pour la distillation du vin destiné à élaborer du cognac diffère de celui utilisé pour l’armagnac.

L’alambic utilisé pour l’élaboration du cognac est un alambic « à repasse », c’est-à-dire à double distillation. Dans l’alambic cognaçais ou charentais, l’alcool est donc distillé deux fois, et l’eau de vie sortante est plus forte en alcool que celle de l’armagnac. Elle titre un degré d’alcool autour de 72% vol, et le but est de ramener cette teneur à 40 ou 45% vol en ajoutant de l’eau distillée.

L’alambic armagnacais opère une distillation en continu, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’une seule distillation., et l’eau de vie sortante titre à 54% vol d’alcool, ce qui est très faible,. “Tout n’est pas brûlé”. L’Armagnac conserve ainsi les éléments organiques, minéraux et végétaux qui constituent l’aspect distinctif de l’année et du vin frais dont il est issu. L’ajout d’eau distillée pour atteindre 40 ou 45% vol d’alcool est donc marginal par rapport au cognac.

Château Arton, une histoire de transmission : Jean et Lili de Montal, la nouvelle génération

Après plus de trente années passées à y développer une culture du vin exigeante et innovante, Patrick et Victoire de Montal sont parvenus à donner à leur domaine du Gers ses lettres de noblesse. De la création de la Fine Blanche® à l’élaboration de millésimes d’Armagnac publiés en pièce unique, ils n’ont eu de cesse de défier les préjugés, réussissant le pari de hisser leur Haut-Armagnac au rang de meilleure eau-de-vie française !  

C’est cette histoire exceptionnelle que leurs enfants Jean et Lili de Montal ont décidé de poursuivre en s’installant au domaine. Quittant à leur tour Paris, ils apportent une nouvelle ambition, une initiative environnementale audacieuse et un projet institutionnel et culturel d’envergure. 

Fils de Patrick et Victoire de Montal, Jean a grandi à Arton, témoin des engagements de son père, sensible à la nature environnante. Très tôt, il a développé une sensibilité particulière pour l’environnement qui l’a mené à s’engager depuis plus de 20 ans dans une carrière professionnelle à l’international et en France en faveur du développement durable. Aujourd’hui, il mène la conversion du vignoble en biodynamie. Convaincu que tout producteur est responsable de ses engagements écologiques, il fait de la préservation des sols l’enjeu de son retour au domaine : respecter la terre d’Arton et la transmettre en bonne santé aux générations futures

Lili Chieng de Montal, l’épouse de Jean, entend donner à l’art de vivre d’Arton une portée culturelle. Sa sensibilité artistique, sa créativité et son sens de la stratégie l’ont menée vers le développement des marques dans le secteur du Luxe et du Lifestyle, de l’Europe à l’Asie. Aujourd’hui, elle crée au domaine un lieu de résidence et de formation centré sur la question du Goût, un espace d’échanges culturels qui réunit une Académie de l’Armagnac, un restaurant et un centre d’incubation artistique dédié aux arts de la table.

Arton, lieu de vie, d’initiation et d’expérimentation, partage avec le monde son regard audacieux porté sur l’Armagnac et devient une destination incontournable pour tous les passionnés du Goût.