Gigondas, Visan & Beaumes de Venise, les vins des artisans Rhonéa

by Alexandre FRÉMIOT, passionné de vin | @Les-Vins-d’Alex

Rhonéa, une coopérative de vignerons engagés du sud de la vallée du Rhône

Que l’amateur de vins en Vaucluse n’ayant, ne serait-ce que jamais entendu parler de Rhonéa, les Artisans – Vignerons se dénonce ! C’est bien ce que je pensais, tout le monde connaît cette coopérative de vignerons engagés. Aujourd’hui Rhonéa, est le premier producteur de Crus et de Côtes du Rhône Villages de la Vallée du Rhône sud avec un vignoble de 2.900 hectares exploités par près de 400 vignerons répartis en petites exploitations d’environ 10 hectares.

Les vins produits sont des AOC Vacqueyras, Beaumes de Venise, Gigondas, Rasteau, Cairanne, Châteauneuf-Du-Pape, Côtes du Rhône Villages Visan, Roaix, Vaison-la-Romaine, complétés par deux Vins Doux Naturels (Muscat de Beaumes-de-Venise et Rasteau), et deux appellations régionales (AOC Côtes du Rhône et AOC Ventoux). Mais ce sont également des hommes et des femmes passionnés par leur métier et qui œuvrent ensemble pour proposer leurs vins dans les cinq boutiques de Rhonéa ! 

Il y a quelques semaines j’ai été invité par la petite dernière ayant ouvert ses portes cet été, celle de Sarrians, franchisée Vilavigne à découvrir six vins de leur production, un Gigondas, un Visan deux vins dits « parcellaires » un Beaumes de Venise et Vacqueyras et ainsi que deux muscats de Beaumes-de-Venise. Nous parlerons dans ce premier article des 3 premiers dégustés. 

Rhonéa Côtes du Rhône Villages Visan « Notre Dame des Vignes » blanc 2019 

Gage de qualité et promesse d’un vin qui se conjugue à toutes les tables, ce « Côtes du Rhône », assemblage de Grenache (38%), Viognier (38%) et de Clairette (24%) est élevé sur un sol argilo-calcaire en cordon de royat. Une fois ramassé et trié, le raisin fini dans des cuves en béton et est vinifié par pressurage direct, c’est-à-dire, que l’on presse le moût de raisin jusqu’à l’obtention de la couleur désirée. 

C’est un vin extrêmement intéressant car les vins blancs de la Vallée du Rhône ne sont pas forcément les plus réputés. Certes, ce n’est pas un Condrieu ni un Hermitage, mais c’est un vin frais et vivace, très léger, voilà ce qui caractérise le Visan. À la dégustation, on découvre un vin avec une large palette aromatique occupant longuement la bouche. Un vin blanc que l’on pourrait acheter le matin même et servir à l’apéritif le midi même, et qui plus est, est à la portée de tous les portes-monnaie (seulement 6 ou 7€) ! 

Les Pierres du Vallat, AOC Gigondas, Rouge, 2019 

Les Pierres du Vallat ne déroge pas aux caractéristiques de l’appellation Gigondas, ce vin rond et épicé, à la robe carmin met déjà en évidence toute l’élégance de celui-ci et libère un puissant nez de fruits noirs et de confiture fraîche. Une bouche somptueuse, soyeuse et rassurante évoque le cassis, la cerise, la figue et même le caramel.

Ce 79 % Grenache de vieilles vignes, Mourvèdre et Syrah nous emporte avec lui dans une sorte d’ascenseur des sensations, tantôt ample et boisé (élevé à 60% en demi muids ou en foudre pendant 12 mois) tantôt frais et minéral, qui fait que l’on ne reste pas sur sa faim ! À carafer une bonne heure et à servir avec un bœuf mariné et même un jambon de grande origine, comme le Pata Negra ou le Gascon. 

Pour ce qui est du processus de vinification, le remontage des matières a lieu en début de fermentation ce qui permet d’extraire la richesse du fruit, avant la transformation du sucre en alcool. Arrive par la suite la cuvaison, période au cours de laquelle vont séjourner pendant 4 semaines à des températures entre 27 et 30°, le moût et les parties solides du raisin noir dans la cuve de fermentation. Un vrai parcours du combattant ! 

Bel Air, AOC Beaumes de Venise, Rouge, 2018 

Qu’est-ce qu’un vin parcellaire pour Rhonéa ? C’est avant tout un vin qui met en lumière les plus beaux terroirs de la Vallée du Rhône : que cela soit l’âge de la vigne, une singularité géologique, l’exposition au soleil ou l’altitude à laquelle est situé le vignoble. Chaque détail est important. 

Pour l’anecdote, en 2018, le Vaucluse a connu un printemps très pluvieux nuancé par de fortes températures estivales. Les pluies du mois d’août ont largement contribué au bon déroulement de la maturité phénolique des grappes de raisin. Les vendanges se sont donc passées sous un été indien, meilleurs auspices pour ce vin à venir. 

On passe ensuite au Bel Air, un vin rouge sophistiqué et élégant avec robe profonde et envoûtante. Pour en arriver là, les baies de raisin ont au préalable été foulées, puis cuvées pendant 12 jours à basse température pour les Syrah et 18 jours pour les Grenache. Comme dit plus haut, chaque détail est important car ce sont ces petites différences qui font de cet assemblage, un cru de qualité. Le vin est par la suite élevé en cuve béton pendant 12 mois.

Cet assemblage Grenache (50%) et Syrah (50%) offrant un vin idéalement équilibré entre ampleur aromatique et douceurs des tanins, délivre un nez fin et puissant, presque animal sur une dominante de fruits noirs (mûre, myrtille, prune) et de réglisse. La bouche aromatique, mêle de manière maîtrisée la rondeur à la finesse et la souplesse d’un vin jeune pouvant se garder encore cinq à sept ans après sa mise en bouteille. Ou à déguster dès aujourd’hui comme je l’ai fait avec une bonne côte de bœuf au barbecue ! 

Ces vins resteront pour moi une belle découverte, et j’ai hâte à mon tour de vous parler des trois autres dans un prochain article ! 

Vous pouvez retrouver d’autres dégustations d’Alexandre dans notre rubrique J’aime votre robe.