Charles de la Tour du Pin et sa cave bio(dynamique) Aux Vents des Vignes

Aux Vents des Vignes  a ouvert ses portes dans le quartier du Val de Grâce, dans le 5ème arrondissement de Paris et est l’une des caves les plus bio(dynamiques) de la capitale.


Comment es-tu devenu caviste ?

: Je suis revenu du Liban il y a 8 ans, avec l’idée de reprendre un domaine viticole, mais ça s’est avéré plus compliqué que prévu, il faut dire que je n’avais que 24/25 ans. Pour ne rien arranger, j’ai rencontré ma copine, une parisienne, très attachée à sa ville, qui est devenue ma femme. Je me suis donc adapté, et j’ai d’abord ouvert un restaurant végétarien/sans gluten. Mais, rapidement rattrapé par ma passion, j’ai voulu faire quelque chose véritablement lié au vin. J’ai donc cherché une cave à racheter, et je suis tombé par hasard sur celle-ci, que j’ai pu reprendre, grâce à un ami. J’ai tout de suite senti qu’il y avait un vrai potentiel.

Aux vents des vignes cave biodynamie

D’où te vient cette passion du vin ?

C : Je n’avais pas envie de me lancer dans une Grande Ecole, comme le reste de ma famille ; je voulais faire quelque chose qui me plaisait. J’étais un peu le « vilain petit canard ». Le vin pour moi c’est une vraie construction, un parcours très diversifié avec des étapes passionnantes. J’ai fait une école en gestion de domaines viticoles, beaucoup de stages, j’ai été embauché pour des vendanges, j’ai travaillé dans l’événementiel du vin, j’ai été commercial ; je voulais toucher à toutes les composantes de cet univers. Grâce à un ami libanais, j’ai été recruté au Domaine Ksara, pour un stage de 6 mois. Le directeur œnologue m’a ensuite proposé 6 mois de plus, puis… 5 ans ! Malheureusement, je suis parti avant la fin, à cause des troubles dans la région, et je suis donc revenu en France.

Peux tu nous parler de ta cave et de ce que tu proposes ?

 C : La cave Aux Vents des Vignes est ouverte depuis près de 6 ans. J’ai gardé les allocations rares de la cave précédente, que j’ai largement complétées avec ma propre sélection, orientée bio/biodynamie/nature, avec tout de même quelques références plus « classiques », comme Taittinger et Dassault.

On y trouve des vins de toutes les régions de France, mais aussi des vins d’autres pays, des vins croates, italiens, un libanais. Quand je vais à l’étranger, j’en profite pour visiter des domaines ; j’ai pu voir une trentaine de vignerons autour de Dubrovnik cet été par exemple.

Je change régulièrement mes vins, pour ne pas que les clients se lassent, et pour leurs faire découvrir des nouveautés.

Je vends aussi des whiskys, des rhums, des gins, choisis en qualité et en rareté, et également quelques produits d’épicerie.

Aux Vents des Vignes sélection

Qui sont tes clients ?

 C : Ce sont des habitués du quartier, des « locaux », mais aussi pas mal de gens qui sortent des bureaux aux alentours, ils viennent pour découvrir des choses, ils savent qu’ils seront bien conseillés. Ce qui leur plaît, c’est le fait qu’il y ait une histoire derrière chaque bouteille.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

C : Conseiller les gens, et chercher les vins ; et se dire qu’on a réussi quelque chose quand quelqu’un revient. Le côté bar à vins me plaît également beaucoup, ça crée du lien, les gens s’y sentent bien et veulent découvrir des choses. Ça marche d’ailleurs très bien, il y a du monde tous les soirs.

Quel est ton coup de cœur du moment ?

 C : Un Fronsac, le Château Tessendey de la famille d’Arfeuille ; le vigneron est venu en personne me présenter le vin. Composé de Merlot en majorité, il est fruité, avec de la matière, mais moins puissant qu’un Bordeaux classique, assez simple à boire et surtout vraiment bien fait.

As-tu des projets ?

C : C’est en réflexion, mais j’aimerais acheter un hectare de vignes, sûrement en côte-roannaise, pour faire mon propre vin et revenir à mon premier métier, la fabrication du vin. C’est un projet à long terme, qui me tient à cœur, avec l’idée de revenir à des choses plus élémentaires, la terre, la vigne.

Et si vous souhaitez vous rendre Aux Vents des Vignes, c’est par