﻿{"id":6136,"date":"2026-10-13T17:22:19","date_gmt":"2026-10-13T15:22:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/?p=6136"},"modified":"2026-10-13T17:22:20","modified_gmt":"2026-10-13T15:22:20","slug":"groupes-de-vins-et-spiritueux-cotes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/groupes-de-vins-et-spiritueux-cotes\/","title":{"rendered":"2000-2026 : les grandes \u00e9volutions des groupes de Vins et Spiritueux cot\u00e9s en bourse"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>En 2000, l&rsquo;industrie des spiritueux sortait \u00e0 peine de l&rsquo;\u00e8re des conglom\u00e9rats.<\/strong> Diageo vendait encore des hamburgers et de la farine, Pernod Ricard des jus de fruits et de l&rsquo;Orangina, Seagram se pr\u00e9parait \u00e0 dispara\u00eetre dans Vivendi. <strong>Vingt ans plus tard, une poign\u00e9e de groupes recentr\u00e9s sur des marques de spiritueux premium \u00e9taient devenus les chouchous <\/strong>des investisseurs : croissance tir\u00e9e par la Chine, l&rsquo;Inde et la premiumisation am\u00e9ricaine, marges op\u00e9rationnelles proches de 30 %, multiples de valorisation de groupes de luxe. Le pic de fin 2021 marque l&rsquo;apog\u00e9e de cette th\u00e8se. <strong>Depuis 3 ans, le secteur a v\u00e9cu l&rsquo;une des <a href=\"https:\/\/investir.lesechos.fr\/actu-des-valeurs\/etudes\/une-situation-inedite-pour-lindustrie-des-spiritueux-2248960\" class=\"rank-math-link\">corrections les plus brutales<\/a> <\/strong>de la cote europ\u00e9enne : d\u00e9stockage post-Covid, guerre commerciale sur le cognac, droits de douane am\u00e9ricains, consommation en recul chez les jeunes adultes. <strong>Fin 2025, les grandes valeurs du secteur avaient perdu entre 60 % et 85 % depuis leurs sommets<\/strong>. En 2026, la consolidation est de retour \u00e0 l&rsquo;agenda &#8211; mais par des actions de d\u00e9fense plus que de conqu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<h1>1. Cartographie des groupes de Vins et spiritueux cot\u00e9s <\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Le premier enseignement est que la Bourse ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une partie de l&rsquo;industrie<\/strong>. Plusieurs des groupes de vins et spiritueux les plus puissants sont familiaux et non cot\u00e9s &#8211; Bacardi, William Grant &amp; Sons, Sazerac, Edrington, La Martiniquaise -, et Suntory, devenu num\u00e9ro trois mondial en rachetant Beam en 2014, l&rsquo;a fait pr\u00e9cis\u00e9ment en sortant une soci\u00e9t\u00e9 de la cote. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>M\u00eame parmi les groupes de vins et spiritueux cot\u00e9s, le contr\u00f4le est tr\u00e8s souvent familial<\/strong> : la famille Brown chez Brown-Forman via les actions A \u00e0 droit de vote, les Ricard chez Pernod Ricard, les H\u00e9riard Dubreuil chez R\u00e9my Cointreau, les Garavoglia (holding Lagfin) chez Campari, les Arnault chez LVMH, les Beckmann chez Becle. Cette structure explique une constante de la p\u00e9riode : les grandes transactions se font rarement par OPA hostile, et presque toujours par cession de marques ou de blocs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><td><strong>Groupe<\/strong><\/td><td><strong>Statut \/ place<\/strong><\/td><td><strong>Contr\u00f4le<\/strong><\/td><td><strong>Marques phares<\/strong><\/td><td><strong>Trajectoire 2000-2026<\/strong><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td>Diageo<\/td><td>Cot\u00e9 \u2014 Londres, NYSE<\/td><td>Flottant large<\/td><td>Johnnie Walker, Smirnoff, Guinness, Don Julio, Casamigos, Crown Royal<\/td><td>Sortie de l&rsquo;alimentaire, n\u00b0 1 mondial ; 34 % de Mo\u00ebt Hennessy<\/td><\/tr><tr><td>Pernod Ricard<\/td><td>Cot\u00e9 \u2014 Paris<\/td><td>Famille Ricard (~14 %)<\/td><td>Absolut, Jameson, Chivas, Martell, Ricard, Malibu<\/td><td>Seagram, Allied Domecq, V&amp;S ; recentrage 2024-26<\/td><\/tr><tr><td>LVMH \u2013 Mo\u00ebt Hennessy<\/td><td>Cot\u00e9 (LVMH) \u2014 Paris<\/td><td>Famille Arnault ; Diageo 34 % de MH<\/td><td>Mo\u00ebt, Dom P\u00e9rignon, Hennessy, Glenmorangie, Belvedere<\/td><td>Champagne, cognac et ros\u00e9 de luxe<\/td><\/tr><tr><td>Brown-Forman<\/td><td>Cot\u00e9 \u2014 NYSE<\/td><td>Famille Brown (actions A)<\/td><td>Jack Daniel&rsquo;s, Woodford Reserve, Herradura, Gin Mare<\/td><td>Recentrage whiskey ; offres Pernod et Sazerac en 2026<\/td><\/tr><tr><td>Campari<\/td><td>Cot\u00e9 \u2014 Milan<\/td><td>Lagfin (Garavoglia)<\/td><td>Aperol, Campari, Wild Turkey, Grand Marnier, Courvoisier<\/td><td>Bolt-ons en s\u00e9rie, puis cessions 2025<\/td><\/tr><tr><td>R\u00e9my Cointreau<\/td><td>Cot\u00e9 \u2014 Paris<\/td><td>Famille H\u00e9riard Dubreuil<\/td><td>R\u00e9my Martin, Louis XIII, Cointreau, Bruichladdich<\/td><td>Pure player du \u00ab haut de gamme \u00bb<\/td><\/tr><tr><td>Becle (Jos\u00e9 Cuervo)<\/td><td>Cot\u00e9 \u2014 Mexico (2017)<\/td><td>Famille Beckmann<\/td><td>Jos\u00e9 Cuervo, 1800, Bushmills<\/td><td>Introduction en bourse 2017<\/td><\/tr><tr><td>Marie Brizard W&amp;S<\/td><td>Cot\u00e9 \u2014 Paris<\/td><td>COFEPP (La Martiniquaise)<\/td><td>Marie Brizard, Sobieski<\/td><td>Redressement sous contr\u00f4le de COFEPP<\/td><\/tr><tr><td>Beam Inc. (ex-Fortune Brands)<\/td><td>Cot\u00e9 NYSE 2011-2014<\/td><td>\u2014<\/td><td>Jim Beam, Maker&rsquo;s Mark, Courvoisier<\/td><td>Rachet\u00e9 par Suntory (16 Md$)<\/td><\/tr><tr><td>Suntory \/ Suntory Global Spirits<\/td><td>Non cot\u00e9 (SBF cot\u00e9 \u00e0 Tokyo)<\/td><td>Famille Saji-Torii<\/td><td>Jim Beam, Yamazaki, Hibiki, Maker&rsquo;s Mark<\/td><td>N\u00b0 3 mondial via Beam<\/td><\/tr><tr><td>Bacardi-Martini<\/td><td>Non cot\u00e9<\/td><td>Familles Bacardi<\/td><td>Bacardi, Grey Goose, Patr\u00f3n, Martini, Dewar&rsquo;s<\/td><td>Grey Goose (2004), Patr\u00f3n (2018)<\/td><\/tr><tr><td>William Grant &amp; Sons<\/td><td>Non cot\u00e9<\/td><td>Famille Grant-Gordon<\/td><td>Glenfiddich, Hendrick&rsquo;s, Tullamore D.E.W., Famous Grouse<\/td><td>Rachat de Famous Grouse (2025)<\/td><\/tr><tr><td>La Martiniquaise (COFEPP)<\/td><td>Non cot\u00e9<\/td><td>Famille Cayard<\/td><td>Label 5, Poliakov, Saint James, Cutty Sark, Glen Moray<\/td><td>Contr\u00f4le de Marie Brizard<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Autour de ce noyau gravitent d&rsquo;autres valeurs cot\u00e9es<\/strong> : <strong>Constellation Brands<\/strong> (NYSE), devenu essentiellement un groupe de bi\u00e8re d&rsquo;importation mexicaine apr\u00e8s avoir c\u00e9d\u00e9 ses vins grand public \u00e0 The Wine Group en juin 2025 ; <strong>Asahi<\/strong>, <strong>Kirin<\/strong> et <strong>Takara<\/strong> \u00e0 Tokyo, dont les spiritueux (Nikka pour Asahi, Four Roses rachet\u00e9 \u00e0 Seagram en 2002 par Kirin, Tomatin pour Takara) restent secondaires par rapport \u00e0 la bi\u00e8re ; <strong>les maisons de champagne<\/strong> cot\u00e9es \u00e0 Paris (Laurent-Perrier, Vranken-Pommery, Lanson-BCC) ; <strong>MGP Ingredients<\/strong> (Nasdaq), fournisseur de whiskey en vrac devenu propri\u00e9taire de marques. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>La p\u00e9riode 2020-2026 est aussi un cimeti\u00e8re de cotes<\/strong> de groupes de vins et spiritueux : Allied Domecq (absorb\u00e9 en 2005), Beam (2014), Stock Spirits (repris par CVC en 2021), Distell (Heineken, 2023), Lucas Bols (retir\u00e9 de la cote en 2023), Duckhorn (repris par Butterfly en 2024) ont disparu de la cote.<\/p>\n\n\n\n<h1>2. Les grandes cessions apr\u00e8s 20 ans d&rsquo;investissement<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img width=\"800\" height=\"340\" src=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image-1.gif\" alt=\"Titre\u00a0: Graphique 1 \u2014 Op\u00e9rations majeures de portefeuille recens\u00e9es pour les groupes \u00e9tudi\u00e9s, par p\u00e9riode (acquisitions et cessions de marques ou de participations ; s\u00e9lection, non exhaustive). - Description\u00a0: Graphique 1 \u2014 Op\u00e9rations majeures de portefeuille recens\u00e9es pour les groupes \u00e9tudi\u00e9s, par p\u00e9riode (acquisitions et cessions de marques ou de participations ; s\u00e9lection, non exhaustive).\" class=\"wp-image-6139\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Graphique 1 \u2014 Op\u00e9rations majeures de portefeuille recens\u00e9es pour les groupes \u00e9tudi\u00e9s, par p\u00e9riode (acquisitions et cessions de marques ou de participations ; s\u00e9lection, non exhaustive).<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2>2000-2005 : le grand recentrage<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>La d\u00e9cennie 2000 s&rsquo;ouvre sur un d\u00e9mant\u00e8lement, celui de Seagram<\/strong>. En d\u00e9cembre 2000, Diageo et Pernod Ricard s&rsquo;allient pour racheter les vins et spiritueux de Seagram \u00e0 Vivendi pour 8,15 milliards de dollars (op\u00e9ration finalis\u00e9e fin 2001) : Diageo prend Crown Royal et Captain Morgan, Pernod Ricard Chivas Regal, The Glenlivet et Martell. <strong>Dans le m\u00eame mouvement, les deux groupes se d\u00e9font de tout ce qui n&rsquo;est pas boisson alcoolis\u00e9e<\/strong> : Diageo c\u00e8de Pillsbury \u00e0 General Mills (2001) puis Burger King (2002) ; Pernod Ricard vend Orangina et ses activit\u00e9s de jus. <\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\"><strong>La th\u00e8se est simple et va dominer vingt ans : les marques de spiritueux sont des actifs rares, \u00e0 forte marge, qui m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre d\u00e9tenus seuls. <\/strong><\/span><\/p>\n\n\n\n<p>Campari s&rsquo;introduit en bourse en 2001 et rach\u00e8te Skyy dans la foul\u00e9e ; Brown-Forman se s\u00e9pare de Lenox (arts de la table) en 2005.<\/p>\n\n\n\n<h2>2005-2014 : la consolidation et le pari des \u00e9mergents<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>La deuxi\u00e8me phase est celle des m\u00e9ga-op\u00e9rations<\/strong>. En 2005, Pernod Ricard rach\u00e8te Allied Domecq (environ 7,4 milliards de livres) avec Fortune Brands, qui r\u00e9cup\u00e8re Sauza, Maker&rsquo;s Mark, Courvoisier et Canadian Club ; le groupe fran\u00e7ais double de taille d&rsquo;un coup. En 2008, il ajoute Absolut en rachetant Vin &amp; Sprit \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat su\u00e9dois (5,6 milliards d&rsquo;euros), au prix d&rsquo;un endettement record en pleine crise financi\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>Diageo, de son c\u00f4t\u00e9, ach\u00e8te la croissance \u00e9mergente : Mey \u0130\u00e7ki en Turquie (2011), le contr\u00f4le d&rsquo;United Spirits en Inde (2012-2014), Shui Jing Fang en Chine. <\/p>\n\n\n\n<p>Brown-Forman se renforce dans la tequila (Casa Herradura, 2007), Campari dans le bourbon (Wild Turkey, 2009) et la Jama\u00efque (Lascelles deMercado, 2012). <\/p>\n\n\n\n<p>La p\u00e9riode se referme sur l&rsquo;op\u00e9ration la plus embl\u00e9matique : Fortune Brands scinde Beam en 2011, que Suntory rach\u00e8te en 2014 pour 16 milliards de dollars. <\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\"><strong>La th\u00e8se : d\u00e9mographie des classes moyennes chinoises, indiennes et africaines + premiumisation = croissance \u00e0 deux chiffres.<\/strong><\/span><\/p>\n\n\n\n<h2>2015-2022 : premiumisation, luxe et \u00ab small is beautiful \u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Le ralentissement chinois de 2013-2014 (campagne anti-corruption, effondrement du cognac de cadeau) et les m\u00e9comptes indiens ram\u00e8nent les groupes vers une logique de portefeuille plus fine. Les grandes cibles ont disparu ; place aux acquisitions de marques de niche \u00e0 forte croissance et aux cessions de marques mainstream. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans les grands groupes de Vins et Spiritueux, Diageo ach\u00e8te Casamigos (jusqu&rsquo;\u00e0 1 milliard de dollars, 2017) et vend 19 marques \u00e0 Sazerac (2018) ; <\/p>\n\n\n\n<p>Pernod Ricard ach\u00e8te Monkey 47 et Malfy ; <\/p>\n\n\n\n<p>Brown-Forman c\u00e8de Southern Comfort (2016) puis Early Times et Canadian Mist (2020) &#8211; toujours \u00e0 Sazerac, devenu le grand recycleur des marques d\u00e9laiss\u00e9es &#8211; et ach\u00e8te BenRiach, puis Gin Mare et Diplom\u00e1tico ; <\/p>\n\n\n\n<p>Campari ach\u00e8te Grand Marnier (2016). <\/p>\n\n\n\n<p>Mo\u00ebt Hennessy s&rsquo;\u00e9tend vers le ros\u00e9 de Provence (Ch\u00e2teau d&rsquo;Esclans, 2019) et le champagne de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s (Armand de Brignac, 2021). <\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\"><strong>La th\u00e8se devient : \u00ab drink less, drink better \u00bb \u2014 moins de volume, plus de valeur, des spiritueux trait\u00e9s comme des biens de luxe.<\/strong><\/span> Le Covid, apr\u00e8s un trou d&rsquo;air en 2020, l&rsquo;amplifie : consommation \u00e0 domicile, \u00e9pargne forc\u00e9e, explosion de la tequila et du cognac aux \u00c9tats-Unis. Les ann\u00e9es 2021-2022 sont des records historiques de ventes, de marges et de valorisation.<\/p>\n\n\n\n<h2>2023-2026 : normalisation, cessions et d\u00e9sendettement<\/h2>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me phase inverse le mouvement. Les distributeurs am\u00e9ricains d\u00e9stockent, la demande chinoise de cognac s&rsquo;effondre, P\u00e9kin impose des droits antidumping provisoires sur le brandy europ\u00e9en fin 2024, puis Washington rel\u00e8ve ses droits de douane en 2025. <\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les groupes de Vins et Spiritueux, Pernod Ricard vend ses vins (Jacob&rsquo;s Creek, Campo Viejo, Brancott) en 2024, Clan Campbell, Imperial Blue en Inde (2025), Mumm Napa (2025-2026). <\/p>\n\n\n\n<p>Diageo c\u00e8de Guinness Nigeria (2024), C\u00eeroc (log\u00e9 dans une coentreprise), Pampero, Safari et Cacique (2025), Guinness Ghana, les Seychelles Breweries, Sheridan&rsquo;s, et surtout sa participation de 65 % dans East African Breweries \u00e0 Asahi pour environ 2,3 milliards de dollars nets. <\/p>\n\n\n\n<p>Campari se d\u00e9fait de Cinzano et d&rsquo;Averna apr\u00e8s avoir pay\u00e9 Courvoisier 1,2 milliard de dollars en 2024. <\/p>\n\n\n\n<p>Brown-Forman a c\u00e9d\u00e9 Finlandia et Sonoma-Cutrer. <\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">La th\u00e8se affich\u00e9e est d\u00e9sormais \u00ab <a href=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/creer-une-marque-de-spiritueux-a-succes\/\" class=\"rank-math-link\">moins de marques, mieux soutenues<\/a> ; d\u00e9sendettement ; programmes d&rsquo;\u00e9conomies \u00bb<\/span><\/strong> : un milliard d&rsquo;euros d&rsquo;ici 2029 chez Pernod Ricard, un milliard de dollars chez Diageo.<\/p>\n\n\n\n<h1>3. Les portefeuilles, groupe par groupe<\/h1>\n\n\n\n<h2>Diageo : le leader qui a perdu de son aura<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>N\u00e9 en 1997 de la fusion de Guinness et Grand Metropolitan, Diageo est en 2000 un conglom\u00e9rat qui devient en trois ans un pur acteur des boissons alcoolis\u00e9es<\/strong>. Sous Paul Walsh (2000-2013) puis Ivan Menezes (2013-2023), le groupe suit une strat\u00e9gie constante : marques mondiales (Johnnie Walker, Smirnoff, Guinness), conqu\u00eate des \u00e9mergents (Inde, Turquie, Afrique) et, \u00e0 partir de 2014, pari sur la tequila haut de gamme (rachat complet de Don Julio en \u00e9change de Bushmills c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Jos\u00e9 Cuervo, puis Casamigos). Cette derni\u00e8re carte a \u00e9t\u00e9 la plus rentable de la p\u00e9riode\u2026 jusqu&rsquo;au retournement am\u00e9ricain. <strong>Depuis le d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;Ivan Menezes en 2023, le groupe a connu trois directions g\u00e9n\u00e9rales<\/strong> : Debra Crew (2023-2025), un int\u00e9rim de Nik Jhangiani, puis Sir Dave Lewis, ancien patron de Tesco, en 2026. L&rsquo;exercice clos en juin 2026 mat\u00e9rialise la rupture : ventes publi\u00e9es de 19,6 milliards de dollars (-3 %), r\u00e9sultat op\u00e9rationnel publi\u00e9 en chute de 27 % sous l&rsquo;effet de 1,5 milliard de d\u00e9pr\u00e9ciations (Turquie, Don Papa) et de 0,9 milliard de restructuration, et surtout dividende ramen\u00e9 \u00e0 50 cents contre 103,48 cents l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Le levier (3,1 fois l&rsquo;EBITDA ajust\u00e9) et la remise \u00e0 plat du portefeuille &#8211; cession d&rsquo;EABL, vente de l&rsquo;\u00e9quipe de cricket Royal Challengers Bengaluru par United Spirits &#8211; signent la fin du \u00ab Diageo croissance \u00bb et l&rsquo;entr\u00e9e dans un \u00ab Diageo rendement-d\u00e9sendettement \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2>Pernod Ricard : de la constitution d&rsquo;un empire au recentrage<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Aucun groupe de vins et spiritueux n&rsquo;a autant chang\u00e9 de taille par croissance externe<\/strong>. Seagram (2001), Allied Domecq (2005) et Vin &amp; Sprit (2008) font passer Pernod Ricard d&rsquo;environ 3,5 milliards d&rsquo;euros de chiffre d&rsquo;affaires en 2003 \u00e0 plus de 7 milliards en 2009, et en font le num\u00e9ro deux mondial. La d\u00e9cennie 2010 est celle de la \u00ab premiumisation \u00bb organique, des petites acquisitions de marques artisanales et de l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;Elliott au capital (2018), qui pousse \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration des marges. <strong>Le pic est atteint lors de l&rsquo;exercice 2022-2023 (12,1 milliards d&rsquo;euros de ventes, ROC de 3,2 milliards)<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, l&rsquo;\u00e9rosion est continue : sur l&rsquo;exercice 2025-2026, les ventes reculent \u00e0 9,4 milliards d&rsquo;euros (-14 % en publi\u00e9, -3,9 % en organique) et le ROC \u00e0 2,42 milliards. Le recentrage est assum\u00e9 &#8211; sortie des vins strat\u00e9giques, d&rsquo;Imperial Blue, de Mumm Napa, r\u00e9organisation en divisions en janvier 2026 &#8211; et la direction d&rsquo;Alexandre Ricard a m\u00eame explor\u00e9 en mars-avril 2026 une fusion avec Brown-Forman, abandonn\u00e9e faute d&rsquo;accord sur les termes.<\/p>\n\n\n\n<h2>Mo\u00ebt Hennessy (LVMH) : le luxe face au retournement du cognac<\/h2>\n\n\n\n<p>Branche Vins &amp; Spiritueux de LVMH, d\u00e9tenue \u00e0 66 % par le groupe et \u00e0 34 % par Diageo depuis 1987, Mo\u00ebt Hennessy a construit un portefeuille centr\u00e9 sur le champagne (Mo\u00ebt &amp; Chandon, Dom P\u00e9rignon, Veuve Clicquot, Krug, Ruinart) et le cognac (Hennessy), compl\u00e9t\u00e9 par Glenmorangie (2004), Belvedere, la tequila Volc\u00e1n de mi Tierra, le ros\u00e9 (Ch\u00e2teau d&rsquo;Esclans, Minuty) et Armand de Brignac. <strong>Son chiffre d&rsquo;affaires a tripl\u00e9 entre 2003 et 2022<\/strong> (de 2,1 \u00e0 7,1 milliards d&rsquo;euros) avec des marges sup\u00e9rieures \u00e0 30 %. Depuis, la chute est la plus rapide du secteur : 5,4 milliards d&rsquo;euros de ventes en 2025 et un r\u00e9sultat op\u00e9rationnel courant ramen\u00e9 \u00e0 1,0 milliard (19 % de marge contre 36 % en 2021), Hennessy \u00e9tant frapp\u00e9 \u00e0 la fois par la normalisation am\u00e9ricaine et par les mesures chinoises. Une co-direction (Alexandre Arnault et Jean-Jacques Guiony) a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e en 2025 avec un programme d&rsquo;efficience ; les premiers signes de reprise du champagne et du cognac ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9s au premier semestre 2026.<\/p>\n\n\n\n<h2>Bacardi-Martini : le g\u00e9ant familial qui ach\u00e8te des marques colossales<\/h2>\n\n\n\n<p>Non cot\u00e9, Bacardi Limited (Bermudes) est le premier groupe familial du secteur, avec un chiffre d&rsquo;affaires que la presse sp\u00e9cialis\u00e9e estime de l&rsquo;ordre de <strong>6 milliards de dollars<\/strong> (le groupe ne publie pas de comptes d\u00e9taill\u00e9s). Le rachat de Martini &amp; Rossi en 1993 avait cr\u00e9\u00e9 Bacardi-Martini ; la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e est marqu\u00e9e par deux paris majeurs sur des cat\u00e9gories premium : la vodka <strong>Grey Goose<\/strong> (environ 2 milliards de dollars en 2004) et la tequila <strong>Patr\u00f3n<\/strong> (valoris\u00e9e 5,1 milliards de dollars en 2018), auxquelles s&rsquo;ajoutent Angel&rsquo;s Envy (bourbon). Sa contrainte de capital est familiale, pas boursi\u00e8re, ce qui lui a permis de payer des multiples \u00e9lev\u00e9s au c\u0153ur du cycle de la tequila.<\/p>\n\n\n\n<h2>Suntory et Beam : la sortie de cote comme strat\u00e9gie<\/h2>\n\n\n\n<p>Parmi les groupes de vins et spiritueux cot\u00e9s, Beam a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des rares histoires boursi\u00e8res courtes et heureuses de la p\u00e9riode : h\u00e9ritier des marques Allied r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es en 2005 par Fortune Brands, <strong>Beam Inc. est introduit s\u00e9par\u00e9ment en octobre 2011 et vendu \u00e0 Suntory en 2014<\/strong> pour 16 milliards de dollars. Suntory Holdings, non cot\u00e9, a ensuite fusionn\u00e9 ses whiskies japonais (Yamazaki, Hibiki, Hakushu) dans Beam Suntory, rebaptis\u00e9 <strong>Suntory Global Spirits <\/strong>en 2024. <strong>Le groupe a vendu Courvoisier \u00e0 Campari en 2024 et mise sur les boissons pr\u00eates \u00e0 boire<\/strong> (RTD) ; en 2025, le chiffre d&rsquo;affaires du segment alcool de Suntory Holdings, droits d&rsquo;accises inclus, a atteint 1 387 milliards de yens (environ <strong>9 milliards<\/strong> de dollars).<\/p>\n\n\n\n<h2>Brown-Forman : la forteresse familiale assi\u00e9g\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>Brown-Forman est la soci\u00e9t\u00e9 la plus concentr\u00e9e du panel : Jack Daniel&rsquo;s et ses d\u00e9clinaisons p\u00e8sent la majorit\u00e9 de ses ventes. Sa strat\u00e9gie de portefeuille a consist\u00e9 \u00e0 c\u00e9der les marques \u00e0 faible croissance (Southern Comfort, Early Times, Canadian Mist, Finlandia, Sonoma-Cutrer) et \u00e0 <strong>acheter des marques premium plus petites <\/strong>(Herradura, BenRiach, Gin Mare, Diplom\u00e1tico). L&rsquo;exercice clos en avril 2026 affiche <strong>3,9 milliards<\/strong> de dollars de ventes (stable en organique) et un r\u00e9sultat op\u00e9rationnel de 1,0 milliard (25,5 % de marge). <strong>2026 a fait de Brown-Forman la cible du secteur<\/strong> : pourparlers de fusion avec Pernod Ricard confirm\u00e9s le 26 mars et rompus le 28 avril, puis offre en num\u00e9raire de Sazerac \u00e0 32 dollars par action (environ 15 milliards de dollars), rejet\u00e9e en mai puis de nouveau fin juillet. Le contr\u00f4le de la famille Brown via les actions \u00e0 droit de vote rend toute op\u00e9ration impossible sans son accord.<\/p>\n\n\n\n<h2>William Grant &amp; Sons : l&rsquo;ind\u00e9pendant qui consolide l&rsquo;\u00e9cossais<\/h2>\n\n\n\n<p>Groupe familial non cot\u00e9, William Grant &amp; Sons a b\u00e2ti un portefeuille \u00e0 la fois de marques h\u00e9rit\u00e9es (Glenfiddich, The Balvenie, Grant&rsquo;s) et de cr\u00e9ations ou rachats cibl\u00e9s : Hendrick&rsquo;s (gin lanc\u00e9 en 1999), Sailor Jerry, Tullamore D.E.W. (rachat \u00e0 C&amp;C en 2010), Drambuie (2014), Monkey Shoulder. En juillet 2025, il a rachet\u00e9 The Famous Grouse \u00e0 Edrington. Ses comptes 2025 montrent un chiffre d&rsquo;affaires en baisse de 3,8 % \u00e0 <strong>1,76 milliard<\/strong> <em>de livres<\/em> et un r\u00e9sultat avant imp\u00f4t en recul de 13 %, deuxi\u00e8me ann\u00e9e de baisse cons\u00e9cutive.<\/p>\n\n\n\n<h2>La Martiniquaise et Marie Brizard : le mod\u00e8le fran\u00e7ais du volume<\/h2>\n\n\n\n<p>La Martiniquaise (holding COFEPP, famille Cayard) est l&rsquo;anti-mod\u00e8le des groupes cot\u00e9s : spiritueux de volume vendus en grande distribution (Label 5, Poliakov, Porto Cruz), rhums antillais (Saint James), whiskies \u00e9cossais rachet\u00e9s \u00e0 des groupes qui s&rsquo;en d\u00e9lestaient (Glen Moray \u00e0 LVMH en 2008, Cutty Sark \u00e0 Edrington en 2018). Non cot\u00e9, le groupe a pris le contr\u00f4le de <strong>Marie Brizard Wine &amp; Spirits<\/strong> (Euronext Paris) au terme de son redressement. Le CA \u00ab\u00a0groupe\u00a0\u00bb est de l&rsquo;ordre de <strong>1,6 milliard <\/strong>d&rsquo;euros<\/p>\n\n\n\n<h2>R\u00e9my Cointreau : la valeur la plus sensible au cycle du cognac<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9my Cointreau a fait le choix inverse de Pernod Ricard : r\u00e9duire son p\u00e9rim\u00e8tre et monter en gamme<\/strong>. Le groupe a c\u00e9d\u00e9 ses champagnes Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck en 2011, est sorti de la coentreprise de distribution Maxxium, puis n&rsquo;a achet\u00e9 que des petites maisons tr\u00e8s premium (Bruichladdich en 2012, Westland, Domaine des Hautes Glaces, Telmont en 2020). <strong>Ce positionnement a produit le plus fort re-rating (changement de perception) boursier de la d\u00e9cennie 2010, puis la plus forte chute <\/strong>: la d\u00e9pendance au cognac (environ 70 % du r\u00e9sultat) aux \u00c9tats-Unis et en Chine a fait passer les ventes de 1,55 milliard d&rsquo;euros en 2022-2023 \u00e0 935 millions en 2025-2026, avec une marge op\u00e9rationnelle courante ramen\u00e9e \u00e0 17,7 %. La direction (Franck Marilly depuis 2025) vise un retour \u00e0 la croissance organique en 2026-2027.<\/p>\n\n\n\n<h2>Campari : le \u00ab serial acquirer \u00bb qui marque une pause<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Campari est le groupe du panel qui a le plus utilis\u00e9 la croissance externe en proportion de sa taille : plus d&rsquo;une trentaine d&rsquo;acquisitions depuis son introduction en bourse de 2001<\/strong>, de Skyy \u00e0 Wild Turkey, Appleton (Lascelles), Grand Marnier, Wilderness Trail et Courvoisier. Son chiffre d&rsquo;affaires a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par plus de quatre (de 0,7 \u00e0 <strong>3,05 milliards<\/strong> d&rsquo;euros). Le transfert de son si\u00e8ge l\u00e9gal aux Pays-Bas (2020) a renforc\u00e9 les droits de vote de Lagfin. Apr\u00e8s le d\u00e9part de Bob Kunze-Concewitz (2024) et l&rsquo;arriv\u00e9e de Simon Hunt, le groupe a chang\u00e9 de cap : cessions (Cinzano, Averna, usine australienne, Tannico) pour plus de 210 millions d&rsquo;euros, d\u00e9sendettement (levier ramen\u00e9 de 3,6 \u00e0 2,5 fois l&rsquo;EBITDA ajust\u00e9) et dividende relev\u00e9 de 54 %. En 2025, l&rsquo;EBITDA ajust\u00e9 atteint 785 millions d&rsquo;euros, soit 25,7 % des ventes.<\/p>\n\n\n\n<h2>Les autres groupes de vins et spiritueux identifi\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<ul><li><strong>Becle (Jos\u00e9 Cuervo)<\/strong> introduit \u00e0 la Bourse de Mexico en 2017, propri\u00e9taire de Bushmills depuis 2015 ; ventes 2025 de 43,1 milliards de pesos (-2 %) et EBITDA en forte hausse \u00e0 11,0 milliards (25,6 % de marge).<\/li><li><strong>Constellation Brands<\/strong> sorti des spiritueux et vins de masse, recentr\u00e9 sur la bi\u00e8re (Corona, Modelo) et quelques marques premium ; vente des vins grand public \u00e0 The Wine Group finalis\u00e9e en juin 2025.<\/li><li><strong>Sazerac<\/strong> non cot\u00e9, grand consolidateur de marques c\u00e9d\u00e9es par les cot\u00e9s (Southern Comfort, 19 marques Diageo, Early Times\u2026), auteur de l&rsquo;offre de 2026 sur Brown-Forman.<\/li><li><strong>Asahi, Kirin, Takara<\/strong> groupes japonais cot\u00e9s \u00e0 dominante bi\u00e8re ; Asahi (Nikka) se renforce en Afrique de l&rsquo;Est en reprenant EABL \u00e0 Diageo, Kirin d\u00e9tient Four Roses, Takara le whisky Tomatin.<\/li><li><strong>Sorties de cote<\/strong> Allied Domecq (2005), Beam (2014), Stock Spirits (CVC, 2021), Distell (Heineken, 2023), Lucas Bols (2023), Duckhorn (2024).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h1>4. Chiffres d&rsquo;affaires : vingt ans de hausse, trois ans de reflux<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image-4.gif\" alt=\"Titre\u00a0: Graphique 2 \u2014 Chiffre d'affaires publi\u00e9 par groupe, en milliards dans la devise de publication. Diageo : ventes nettes de droits, en livres (exercices 2024-2026 publi\u00e9s en dollars, reconvertis au taux moyen) ; Brown-Forman : ventes nettes de droits ; LVMH : branche Vins &amp; Spiritueux. - Description\u00a0: Graphique 2 \u2014 Chiffre d'affaires publi\u00e9 par groupe, en milliards dans la devise de publication. Diageo : ventes nettes de droits, en livres (exercices 2024-2026 publi\u00e9s en dollars, reconvertis au taux moyen) ; Brown-Forman : ventes nettes de droits ; LVMH : branche Vins &amp; Spiritueux.\" class=\"wp-image-6142\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Graphique 2 \u2014 Chiffre d&rsquo;affaires publi\u00e9 par groupe, en milliards dans la devise de publication. Diageo : ventes nettes de droits, en livres (exercices 2024-2026 publi\u00e9s en dollars, reconvertis au taux moyen) ; Brown-Forman : ventes nettes de droits ; LVMH : branche Vins &amp; Spiritueux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Trois profils de croissance se d\u00e9gagent parmi les groupes de Vins et Spiritueux cot\u00e9s. <strong>Les consolidateurs<\/strong> (Pernod Ricard, Campari) affichent des marches d&rsquo;escalier : le chiffre d&rsquo;affaires de Pernod Ricard bondit de 65 % en 2006 avec Allied Domecq puis franchit un nouveau palier avec Absolut, celui de Campari est multipli\u00e9 par quatre au fil des acquisitions. <strong>Les organiques<\/strong> (Brown-Forman, Diageo hors effets de p\u00e9rim\u00e8tre) progressent plus r\u00e9guli\u00e8rement, de 3 \u00e0 5 % par an en moyenne. <strong>Les maisons de luxe<\/strong> (Mo\u00ebt Hennessy, R\u00e9my Cointreau) suivent des cycles beaucoup plus amples, cal\u00e9s sur le cognac et la Chine : creux de 2009-2010, pic de 2013, rechute de 2014-2015, envol\u00e9e de 2021-2023.<\/p>\n\n\n\n<p>Le point commun est le <strong>pic de 2022-2023<\/strong>. Tous les groupes ont alors <strong>b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de hausses de prix exceptionnelles (inflation), de la reconstitution des stocks des distributeurs et d&rsquo;une demande am\u00e9ricaine dop\u00e9e<\/strong> par les aides publiques. Le reflux qui suit est d&rsquo;ampleur variable : -7 % environ pour Brown-Forman, -15 % pour Diageo en livres, -22 % pour Pernod Ricard, -25 % pour Mo\u00ebt Hennessy, -40 % pour R\u00e9my Cointreau. Une partie de ce recul est m\u00e9canique (effets de change d\u00e9favorables sur le dollar, la roupie, la livre turque ; cessions), mais la croissance organique est bien n\u00e9gative en 2025-2026 chez Pernod Ricard (-3,9 %) et Diageo (-2 %). Campari fait figure d&rsquo;exception gr\u00e2ce \u00e0 Aperol et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration de Courvoisier, avec une croissance organique de 2,4 % en 2025.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img width=\"800\" height=\"342\" src=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image.gif\" alt=\"Titre\u00a0: Graphique 3 \u2014 Chiffre d'affaires du dernier exercice publi\u00e9, en milliards d'euros (conversion aux taux moyens approximatifs). Bacardi : estimation de presse ; William Grant &amp; Sons : comptes 2025 publi\u00e9s au registre britannique. - Description\u00a0: Graphique 3 \u2014 Chiffre d'affaires du dernier exercice publi\u00e9, en milliards d'euros (conversion aux taux moyens approximatifs). Bacardi : estimation de presse ; William Grant &amp; Sons : comptes 2025 publi\u00e9s au registre britannique.\" class=\"wp-image-6138\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Graphique 3 \u2014 Chiffre d&rsquo;affaires du dernier exercice publi\u00e9 des groupes de vins et spiritueux, en milliards d&rsquo;euros (conversion aux taux moyens approximatifs). Bacardi : estimation de presse ; William Grant &amp; Sons : comptes 2025 publi\u00e9s au registre britannique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La hi\u00e9rarchie de 2026 reste domin\u00e9e par Diageo, qui p\u00e8se encore pr\u00e8s de deux fois Pernod Ricard. Suntory Global Spirits (non repr\u00e9sent\u00e9 faute de chiffre isolable hors droits d&rsquo;accises et hors Japon) et Bacardi forment avec Mo\u00ebt Hennessy un second cercle autour de 5 \u00e0 8 milliards d&rsquo;euros. Le troisi\u00e8me cercle \u2014 Brown-Forman, Campari, William Grant, Becle \u2014 se situe entre 2 et 3,5 milliards et constitue pr\u00e9cis\u00e9ment la zone o\u00f9 la consolidation se rejoue en 2026.<\/p>\n\n\n\n<h1>5. Rentabilit\u00e9 : des marges de luxe \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img width=\"800\" height=\"433\" src=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image-2.gif\" alt=\"Titre\u00a0: Graphique 4 \u2014 Marge op\u00e9rationnelle courante (ROC ou EBIT ajust\u00e9 avant \u00e9l\u00e9ments exceptionnels, en % du chiffre d'affaires). S\u00e9ries arrondies ; Brown-Forman : marge publi\u00e9e, incluant certaines plus-values de cession. - Description\u00a0: Graphique 4 \u2014 Marge op\u00e9rationnelle courante (ROC ou EBIT ajust\u00e9 avant \u00e9l\u00e9ments exceptionnels, en % du chiffre d'affaires). S\u00e9ries arrondies ; Brown-Forman : marge publi\u00e9e, incluant certaines plus-values de cession.\" class=\"wp-image-6140\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Graphique 4 \u2014 Marge op\u00e9rationnelle courante (ROC ou EBIT ajust\u00e9 avant \u00e9l\u00e9ments exceptionnels, en % du chiffre d&rsquo;affaires). S\u00e9ries arrondies ; Brown-Forman : marge publi\u00e9e, incluant certaines plus-values de cession.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La marge op\u00e9rationnelle des groupes de vins et spiritueux est la meilleure illustration de la \u00ab th\u00e8se spiritueux \u00bb. Pendant quinze ans, elle a \u00e9t\u00e9 remarquablement stable et \u00e9lev\u00e9e : <strong>28 \u00e0 32 % pour Diageo, Brown-Forman et Mo\u00ebt Hennessy, 25 \u00e0 28 % pour Pernod Ricard<\/strong>, ce dernier ayant progressivement combl\u00e9 une partie de son \u00e9cart gr\u00e2ce aux synergies Allied et V&amp;S et \u00e0 la pression d&rsquo;Elliott. Campari, plus expos\u00e9 aux ap\u00e9ritifs de volume et aux co\u00fbts d&rsquo;int\u00e9gration, plafonne autour de 20-23 %. R\u00e9my Cointreau est le seul groupe \u00e0 avoir structurellement relev\u00e9 sa marge \u2014 de 16 % au milieu des ann\u00e9es 2000 \u00e0 28 % en 2022 \u2014 par l&rsquo;abandon des activit\u00e9s de volume et la hausse des prix du cognac.<\/p>\n\n\n\n<p>Le retournement de 2023-2026 frappe d&rsquo;abord les maisons au positionnement le plus \u00ab\u00a0luxe\u00a0\u00bb. Mo\u00ebt Hennessy perd 17 points de marge entre 2021 et 2025, R\u00e9my Cointreau plus de 10 points. Les grands g\u00e9n\u00e9ralistes r\u00e9sistent mieux gr\u00e2ce aux plans d&rsquo;\u00e9conomies : Diageo remonte \u00e0 28,9 % de marge avant \u00e9l\u00e9ments exceptionnels sur l&rsquo;exercice 2026 (+116 points de base en organique), Pernod Ricard tient 25,8 %. Mais cette r\u00e9sistance a un co\u00fbt : elle passe par la baisse des investissements publicitaires relatifs, la restructuration des \u00e9quipes et, chez Diageo, des d\u00e9pr\u00e9ciations massives qui font plonger le r\u00e9sultat publi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img width=\"800\" height=\"319\" src=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image-3.gif\" alt=\"Titre\u00a0: Graphique 5 \u2014 Marge d'EBITDA au dernier exercice publi\u00e9. Barres pleines : EBITDA publi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9. Barres hachur\u00e9es : estimation (r\u00e9sultat op\u00e9rationnel courant + dotations aux amortissements). - Description\u00a0: Graphique 5 \u2014 Marge d'EBITDA au dernier exercice publi\u00e9. Barres pleines : EBITDA publi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9. Barres hachur\u00e9es : estimation (r\u00e9sultat op\u00e9rationnel courant + dotations aux amortissements).\" class=\"wp-image-6141\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Graphique 5 \u2014 Marge d&rsquo;EBITDA au dernier exercice publi\u00e9. Barres pleines : EBITDA publi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9. Barres hachur\u00e9es : estimation (r\u00e9sultat op\u00e9rationnel courant + dotations aux amortissements).<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><td><strong>Groupe (exercice)<\/strong><\/td><td><strong>CA<\/strong><\/td><td><strong>R\u00e9sultat op. courant<\/strong><\/td><td><strong>Marge op.<\/strong><\/td><td><strong>EBITDA<\/strong><\/td><td><strong>Marge EBITDA<\/strong><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td>Diageo (FY juin 2026)<\/td><td>19,6 Md$<\/td><td>5,68 Md$<\/td><td>28,9 %<\/td><td>\u2248 6,5 Md$ (est.)<\/td><td>\u2248 33 %<\/td><\/tr><tr><td>Pernod Ricard (FY juin 2026)<\/td><td>9,40 Md\u20ac<\/td><td>2,42 Md\u20ac<\/td><td>25,8 %<\/td><td>\u2248 2,8 Md\u20ac (est.)<\/td><td>\u2248 30 %<\/td><\/tr><tr><td>LVMH V&amp;S (2025)<\/td><td>5,36 Md\u20ac<\/td><td>1,02 Md\u20ac<\/td><td>19,0 %<\/td><td>\u2248 1,3 Md\u20ac (est.)<\/td><td>\u2248 24 %<\/td><\/tr><tr><td>Brown-Forman (FY avril 2026)<\/td><td>3,9 Md$<\/td><td>1,0 Md$<\/td><td>25,5 %<\/td><td>\u2248 1,1 Md$ (est.)<\/td><td>\u2248 28 %<\/td><\/tr><tr><td>Campari (2025)<\/td><td>3,05 Md\u20ac<\/td><td>0,64 Md\u20ac<\/td><td>20,9 %<\/td><td>0,785 Md\u20ac (publi\u00e9)<\/td><td>25,7 %<\/td><\/tr><tr><td>Becle (2025)<\/td><td>43,1 Md MXN<\/td><td>n.d.<\/td><td>n.d.<\/td><td>11,0 Md MXN (publi\u00e9)<\/td><td>25,6 %<\/td><\/tr><tr><td>R\u00e9my Cointreau (FY mars 2026)<\/td><td>0,935 Md\u20ac<\/td><td>0,165 Md\u20ac<\/td><td>17,7 %<\/td><td>\u2248 0,21 Md\u20ac (est.)<\/td><td>\u2248 22 %<\/td><\/tr><tr><td>Marie Brizard W&amp;S (2025)<\/td><td>0,172 Md\u20ac<\/td><td>n.d.<\/td><td>n.d.<\/td><td>0,0136 Md\u20ac (publi\u00e9)<\/td><td>7,9 %<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Au-del\u00e0 des marges, la contrainte qui structure 2026 est le bilan<\/strong>. Les groupes ont <strong>financ\u00e9 rachats d&rsquo;actions et acquisitions au sommet<\/strong> du cycle ; avec un EBITDA en baisse, les leviers ont m\u00e9caniquement grimp\u00e9 (Diageo \u00e0 3,1 fois, Campari jusqu&rsquo;\u00e0 3,6 fois en 2024). La gestion des <strong>stocks de liquides vieillis <\/strong>&#8211; whisky et cognac immobilisent des ann\u00e9es de production. D&rsquo;o\u00f9 la priorit\u00e9 donn\u00e9e aux cessions et la baisse des dividendes ou leur paiement partiel en actions.<\/p>\n\n\n\n<h1>6. Bourse : une mont\u00e9e de vingt ans effac\u00e9e en quatre<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img width=\"800\" height=\"438\" src=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image-5.gif\" alt=\"Titre\u00a0: Graphique 6 \u2014 Cours de bourse index\u00e9s (fin 2001 = 100, \u00e9chelle logarithmique, hors dividendes). Valeurs de fin d'ann\u00e9e approximatives, ajust\u00e9es des divisions ; 2026 : mi-octobre. - Description\u00a0: Graphique 6 \u2014 Cours de bourse index\u00e9s (fin 2001 = 100, \u00e9chelle logarithmique, hors dividendes). Valeurs de fin d'ann\u00e9e approximatives, ajust\u00e9es des divisions ; 2026 : mi-octobre.\" class=\"wp-image-6143\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Graphique 6 \u2014 Cours de bourse index\u00e9s (fin 2001 = 100, \u00e9chelle logarithmique, hors dividendes). Valeurs de fin d&rsquo;ann\u00e9e approximatives, ajust\u00e9es des divisions ; 2026 : mi-octobre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entre 2001 et 2021, les spiritueux cot\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 parmi les meilleurs placements d\u00e9fensifs de la cote <\/strong>: les indices de cours de Brown-Forman, Campari et R\u00e9my Cointreau sont multipli\u00e9s par environ 7 \u00e0 8, ceux de Pernod Ricard et Diageo par 5 \u00e0 6, hors dividendes. Les investisseurs du secteur \u00e9voquent un rendement total annuel de l&rsquo;ordre de 15 % entre la crise financi\u00e8re et la pand\u00e9mie pour les quatre grandes valeurs europ\u00e9ennes. Cette performance repose autant sur la hausse des b\u00e9n\u00e9fices que sur l&rsquo;expansion des multiples : dans un monde de taux bas, des marques s\u00e9culaires \u00e0 pouvoir de prix se payaient 25 \u00e0 35 fois les b\u00e9n\u00e9fices, comme des valeurs de luxe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le mouvement inverse est d&rsquo;une violence rare. Entre fin 2021 et l&rsquo;automne 2026, R\u00e9my Cointreau perd pr\u00e8s de 80 %<\/strong> (m\u00eame cours de bourse aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il y a 16 ans), Brown-Forman et Pernod Ricard environ 65 \u00e0 70 %, Diageo environ 55 %. Le cours de Diageo a touch\u00e9 un plus bas de deux ans \u00e0 13,53 livres en mars 2026 avant de remonter vers 18 livres apr\u00e8s la pr\u00e9sentation du plan de Dave Lewis ; Pernod Ricard \u00e9voluait autour de 64 euros fin septembre 2026, contre plus de 200 euros fin 2021. <strong>Campari, seule valeur dont l&rsquo;indice reste nettement au-dessus de ses niveaux de 2017<\/strong>, a mieux r\u00e9sist\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ap\u00e9ritif et \u00e0 son d\u00e9sendettement rapide.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img width=\"800\" height=\"342\" src=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image.gif\" alt=\"Titre\u00a0: Graphique 7 \u2014 Baisse du cours entre le plus haut de fin d'ann\u00e9e et la mi-octobre 2026 (ordres de grandeur). - Description\u00a0: Graphique 7 \u2014 Baisse du cours entre le plus haut de fin d'ann\u00e9e et la mi-octobre 2026 (ordres de grandeur).\" class=\"wp-image-6137\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Graphique 7 \u2014 Baisse du cours entre le plus haut de fin d&rsquo;ann\u00e9e et la mi-octobre 2026 (ordres de grandeur).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cinq facteurs expliquent cette d\u00e9-valorisation, dont la combinaison distingue l&rsquo;\u00e9pisode actuel des corrections de 2008 ou de 2014 :<\/p>\n\n\n\n<ul><li><strong>La hausse des taux<\/strong> (2022-2023), qui a comprim\u00e9 les multiples de toutes les valeurs d\u00e9fensives de croissance.<\/li><li><strong>Le d\u00e9stockage post-Covid<\/strong> aux \u00c9tats-Unis, qui a transform\u00e9 un boom de consommation en r\u00e9alit\u00e9 de stocks exc\u00e9dentaires chez les grossistes.<\/li><li><strong>La g\u00e9opolitique commerciale<\/strong> : droits antidumping chinois sur le brandy europ\u00e9en (provisoires en octobre 2024, d\u00e9finitifs avec engagements de prix en 2025), droits de douane am\u00e9ricains en 2025, fragilisant les deux march\u00e9s les plus rentables.<\/li><li><strong>Les doutes structurels sur la demande<\/strong> : mod\u00e9ration de la consommation chez les jeunes adultes, essor des traitements GLP-1, concurrence du cannabis l\u00e9gal et des boissons sans alcool &#8211; autant de facteurs qui remettent en cause le postulat d&rsquo;une croissance s\u00e9culaire.<\/li><li><strong>La perte de confiance dans les directions<\/strong> : avertissements successifs sur r\u00e9sultats, rotation des dirigeants (Diageo, Campari, R\u00e9my Cointreau), r\u00e9ductions de dividende.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h1>7. 2026, l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 la consolidation est revenue<\/h1>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 2026 restera comme celle du retour du M&amp;A, mais dans une logique d\u00e9fensive. Le 26 mars, Pernod Ricard et Brown-Forman confirment discuter d&rsquo;une fusion \u00ab entre \u00e9gaux \u00bb ; le 9 avril, Sazerac propose 15 milliards de dollars en num\u00e9raire pour Brown-Forman ; le 28 avril, Pernod Ricard et Brown-Forman rompent leurs discussions ; Brown-Forman rejette l&rsquo;offre de Sazerac en mai, puis \u00e0 nouveau fin juillet, la jugeant non conforme \u00e0 sa vision de long terme, tandis que Pernod Ricard se dit en p\u00e9riode de r\u00e9flexion. Du c\u00f4t\u00e9 de Diageo, le Capital Markets Day d&rsquo;ao\u00fbt a privil\u00e9gi\u00e9 le d\u00e9sendettement, un programme de restructuration de 1,2 milliard de dollars pour environ 1 milliard d&rsquo;\u00e9conomies, et la poursuite des cessions.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois sc\u00e9narios structurent d\u00e9sormais la lecture du secteur. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le sc\u00e9nario cyclique<\/strong> : une fois les stocks normalis\u00e9s et les tensions tarifaires apais\u00e9es, la croissance revient vers 3-5 % et les marges se redressent, ce que sugg\u00e8rent les perspectives \u00ab stables \u00bb de 2026-2027 et les premiers signes de reprise du champagne et du cognac chez Mo\u00ebt Hennessy. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le sc\u00e9nario structurel<\/strong> : la consommation par habitant recule durablement dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, et les groupes doivent se r\u00e9inventer autour des boissons pr\u00eates \u00e0 boire, du sans-alcool et des march\u00e9s \u00e9mergents (Inde, Afrique) \u2014 ce que refl\u00e8tent la priorit\u00e9 donn\u00e9e aux RTD par Suntory ou les objectifs \u00ab bas de fourchette \u00bb de Pernod Ricard. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le sc\u00e9nario de consolidation<\/strong> : des valorisations d\u00e9prim\u00e9es, des familles actionnaires vieillissantes et des besoins de d\u00e9sendettement rendent probables de nouvelles combinaisons (Brown-Forman restant la cible la plus \u00e9vidente, sous r\u00e9serve de l&rsquo;accord de la famille Brown).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur vingt-six ans, la trajectoire des groupes de vins et spiritueux se r\u00e9sume donc \u00e0 un aller-retour pour ces acteurs. Mais pas pour le secteur des spiritueux au sens large, qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 consid\u00e9rablement, entre explosion des brasseries et distilleries artisanales ou presque et des cr\u00e9ation de milliers de <a href=\"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/annuaire-des-producteurs-vignerons-et-brasseurs\/\" class=\"rank-math-link\">nouvelles petites marques<\/a>. Elles aussi souffrent, mais suivent finalement ce mouvement des grandes ambitions et d\u00e9sormais des man\u0153uvres et de gestion raisonnable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Evolution des cours de bourse de grands groupes de vins et spiritueux.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":6146,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"amp_status":""},"categories":[6],"tags":[199,198,200],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6136"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6136"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6136\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6148,"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6136\/revisions\/6148"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6146"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6136"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bottl.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}